Comment recruter et retenir avec succès plus de jeunes autochtones dans les métiers de la construction?

Nov 16, 2017

Pour répondre à cette question, nous devons d’abord avoir un dialogue sur les obstacles auxquels font face plusieurs gens et jeunes issus des communautés autochtones. Choisir un milieu syndiqué ou non, comprendre le monde complexe des métiers de la construction, choisir entre les secteurs résidentiel, commercial ou industriel, choisir le bon métier et finalement comprendre le cheminement du système d’apprentis vers le statut de compagnon.

La majorité des jeunes autochtones habitent en milieu urbain favorisant ainsi plus d’opportunités de travail dans les métiers de la construction. Dans les Prairies, il y aussi des opportunités mais peu de progrès pour inciter les jeunes à prendre la voie de la formation d’apprentis. Je vois aussi plusieurs compagnies fournissant la main d’œuvre sur les chantiers de construction embaucher nos gens pour combler des emplois de premier niveau non professionnels.

Je commence à recevoir plusieurs questions de travailleurs autochtones me demandant pourquoi après deux ans de mon travail de promouvoir et développer des opportunités pour les communautés autochtones, il est encore difficile de progresser dans l’industrie. Plusieurs fournisseurs d’ouvrage n’ont pas de plan face à l’attrition.  Cela à un effet négatif sur nos gens, et selon moi, c’est une importante perte de potentiel et de temps pour d’excellents travailleurs assidus. Dans la plupart des cas, ces travailleurs n’ont pas beaucoup progressé depuis leur début car il n’y a pas de plan en place pour récompenser les meilleurs travailleurs, et peu d’opportunités de progrès par le système d’apprentis.

Dans le nord, plusieurs ne veulent quitter leur communauté mais désirent réussir dans l’industrie de la construction. Cela limite leur accès à un élément essentiel de formation pour réussir, la formation d’apprentis. Souvent, ces gens sont formés dans leur communauté isolée avec ce qui est disponible, tel une formation en équipements lourds, mais sans emploi disponible proche, il devient difficile de gravir les échelons.

Nos gens sont souvent mal préparés et mal soutenus. J’ai déjà travaillé avec un contracteur afin de trouver cinq résidents du Nord pour du travail dans une mine. Les candidats étaient des étudiants formés en mécanique industrielle. Cinq candidats ont été retenus, quatre hommes et une femme. Ils devaient passer un test anti-drogue, deux hommes ne sont pas présentés, les deux autres n’avaient pas de pièces d’identité. La seule femme du groupe est aujourd’hui une apprentie de 4 ans et passera bientôt son examen final pour devenir compagnon. Elle a complété toutes les étapes, incluant des déplacements dans toute la province. Elle a travaillé pour une douzaine de contracteurs comme apprentie. Elle a réussi à faire taire les stéréotypes disant que les gens du Nord ne veulent pas voyager pour travailler.

Nous devons nous assurer que nous mettons en place les bons moyens pour débuter le processus de formation pour les jeunes autochtones intéressés par les métiers de la construction.

Des emplois doivent être disponibles, et encore plus important, des employeurs valorisant le développement de nos jeunes. Toute formation doit mener à un emploi.

Les milieux de travail doivent être prêts à accueillir ces jeunes. Il y a de la discrimination et du racisme sur les sites de construction. Les employeurs sont souvent des non-autochtones d’un certain âge ayant souvent tendance à favoriser leurs semblables. Les jeunes autochtones doivent être vus comme un groupe au potentiel immense à développer, surtout dans un contexte de réconciliation.

Voilà des changements qu’on apporter à l’industrie.

Dans nos communautés, nous devons susciter l’espoir pour les rêves de nos jeunes. Pour réussir dans les métiers de la construction, nos jeunes devront être braves afin de relever tous les défis. Plusieurs jeunes autochtones souffrent des effets générationnels du système de pensionnats et nous devons mettre fin à ce cercle vicieux.

Nous pouvons soutenir ces jeunes en les aidant à compléter toutes les étapes vers le statut de compagnon dans le métier qu’ils choisiront. Nous devons les aider à réaliser leurs ambitions. Comme l’a dit le médaillé olympique Alwyn Morris-Mohawk : « Si vous pouvez y rêver, vous pouvez l’accomplir ».

Nos jeunes doivent avoir la bonne préparation en commençant par un diplôme d’études secondaires, en réussissant le test anti-dopage, en ayant un permis de conduire et la volonté de travailler partout.

Nous devons réaliser que la population autochtone est le groupe ayant la plus forte croissance démographique au pays. Ne rien faire serait un échec considérable, nous devons faire partie de la solution.

Quel rôle allez-vous jouer pour contribuer au succès des jeunes autochtones au pays?


Des brochures téléchargeables

Un dépliant destinée aux communautés autochtones afin de partager de l’information sur les Syndicats des métiers de la construction.

Bâtir Ensemble – les peuples autochtones dans les métiers de la construction

Un livret sur l’alliance autochtone destiné aux syndicats, employeurs et membres.

Bâtir Ensemble – Un livret sur l’alliance autochtone destiné aux syndicats


Bâtir Ensemble, Les Peuples Autochtones dans les métiers de la construction va prochainement lancer deux documents. Le premier, un dépliant portant sur l’importance d’être un allié autochtone. Il sera disponible pour nos syndicats, entrepreneurs, employeurs et membres. Le second est une brochure conçue pour les communautés autochtones afin de diffuser de l’information sur les syndicats des métiers de la construction. Nous pouvons vous envoyer des copies électroniques et physiques sur demande.

Dans notre prochain blogue, nous allons discuter de l’importance du mentorat en soulignant des projets marquants en cours au pays.