Pourquoi tant de gens parlent de mentorat ?

Déc 13, 2017

Le point de vue de l’Alliance de mentorat des Syndicats des Métiers de la Construction du Canada.

Pourquoi parle-t-on tant de mentorat sur le lieu de travail ces jours ci ? Juste le fait que la question se pose si fréquemment ces jours-ci est inquiétant. Après tout, le mentorat permet aux individus d’être plus efficients, efficaces et sécuritaires. Il devrait être normal que le mentorat en lieu de travail soit une priorité pour les employeurs et les syndicats. Malheureusement, mes observations m’indiquent que le mentorat est souvent donné informellement par l’initiative d’un ou deux employés dédiés ou par une vidéo ou rencontre d’orientation de l’employeur. Pour la plupart des nouvelles embauches, les premiers jours et mois dans un nouveau lieu de travail sont extrêmement stressants. Il est honteux que les employeurs ne soient plus proactifs afin de s’assurer d’une transition réussie par la mise en place d’un programme formel de mentorat dans leur organisation.

Le coût moyen de recrutement d’un nouvel employé payé 60 000$ est estimé à 25 000$ et les coûts augmentent en fonction du niveau de compétences requis. Dans le monde du travail en transition de 2017, trouver le bon travailleur qualifié au bon moment est un défi de taille, par contre retenir les travailleurs est tout aussi exigeant. Il faut aussi tenir compte de l’impact des travailleurs de longue haleine qui sont des influenceurs clés dans le développement des nouvelles embauches s’ils n’ont pas eu de formation formelle sur le mentorat et les meilleures pratiques.

Une autre considération à ne pas négliger, la génération Millénial composée des gens nés après 1980 représente à peu près 50% de la main d’œuvre canadienne dans tous les secteurs économiques. Leurs valeurs de soutien et d’inclusion influencent les employeurs et les syndicats afin qu’ils réévaluent leurs pratiques de recrutement et de rétention car selon Randstand Canada, une firme majeure de recrutement, le mentorat est un critère clé pour les Milléniaux dans leur choix d’un employeur idéal.

Les temps changent dans le monde du travail, non seulement les baby-boomeurs prennent leur retraite en grand nombre mais aussi il n’y a pas assez de Canadiens disponibles pour répondre aux besoins de main d’œuvre notamment dans le secteur de construction industrielle exigeant une spécialisation pointue. Par exemple, la soudure entre dans cette catégorie. Les employeurs et syndicats cherchent des soudeurs pour répondre aux besoins grandissant de soudure d’alliage spécialisé.

Le secteur de la construction dépend largement de la formation d’apprenti du post-secondaire pour former la prochaine génération de travailleurs spécialisés. Par contre, l’entièreté du système de la formation d’apprenti est fondamentale ancrée sur le mentorat en lieu de travail par des compagnons, sans celui-ci, les apprentis ne pourraient progresser. La réalité est que le système actuel de formation d’apprenti n’implique et ne soutient aucunement le mentorat des compagnons. La formation d’apprenti suppose que tous les compagnons voudront et sauront comment transmettre leurs savoirs. Ceci explique en partie que seulement 50% des apprentis inscrits complètent avec succès leur formation.

Alors pourquoi est-ce que tout le monde parle de mentorat ? Parce qu’il s’agit d’une stratégie efficace et économique de soutien et de rétention qui permet aux employeurs de contrôler à l’interne leurs mesures de développement de la main d’œuvre. Cela permet aussi de favoriser la participation et d’inspirer les travailleurs de longue haleine à transmettre leurs savoirs à la nouvelle génération. Une solution gros bon sens à un problème récurrent !

Félicitations aux employeurs et aux syndicats qui sont déjà à l’œuvre en mettant en place des stratégies de mentorat en milieu de travail tel que l’Alliance de mentorat des Syndicats des Métiers de la Construction du Canada, les Syndicats des Métiers de la Construction du Nouveau-Brunswick et le ministère de la formation, du travail et de la croissance démographique du Nouveau-Brunswick.

Gina-OM

Il est estimé que l’industrie de la construction au Canada va perdre près de 250 000 travailleurs spécialisés au cours la prochaine décennie en raison du départ à la retraite massive de la génération des Baby-boomeurs. Il s’agit d’un défi sans précédent de recrutement. Alors que cette situation représente des opportunités d’avancement pour les jeunes travailleurs, elle représente aussi une augmentation de la demande pour un développement de la main d’œuvre rapide, efficient et efficace tant pour la formation technique que celle en milieu de travail où 80 % de l’apprentissage a lieu.

Un des plus grands défis de notre industrie est de mettre en place des stratégies efficaces de transfert des savoirs et compétences des compagnons vers les apprentis débutant leur carrière. Une grande majorité des employeurs du secteur reconnait ce besoin et signale que le mentorat est la clé du développement d’un compagnon qualifié. Transmettre les meilleurs pratiques sécuritaires et de productivité aux nouveaux travailleurs doit être la priorité.

Le développement de compétences pratiques sur le lieu de travail existe depuis le début de la formation d’apprenti, par contre, les employeurs signalent que la qualité du mentorat est inégale. Alors que certains compagnons sont bien préparés pour prendre un rôle de mentor, plusieurs ne le sont pas. En fait, très peu de compagnons ont reçu une formation ou même des conseils de mentorat.

C’est en réponse à cette demande que ConstruForce Canada, SkillPlan et SRSA ont formé un partenariat national financé en partie par le Programme d’apprentissage, d’alphabétisation et d’acquisition des compétences essentielles pour les adultes du gouvernement du Canada afin de développer et mettre en place un modèle de formation de mentorat innovateur permettant un transfert de compétences efficace d’un travailleur d’expérience vers un travailleur avec moins d’expérience.

Travaillant dans quatre régions à travers le pays, nous allons développer, mettre en place et évaluer les impacts du modèle de formation de mentorat afin de documenter les meilleures pratiques en formation pouvant être utilisées par l’industrie au Canada.

Nous avons suscité la participation de plusieurs syndicats et employeurs au pays intéressés à l’implantation d’une formation de mentorat personnalisée permettant une augmentation de la productivité, un meilleur transfert de compétences et une meilleure sécurité sur le lieu de travail. Dans un prochain blogue de Bâtir Ensemble, nous allons vous présenter des éléments clés du programme de mentorat basés sur une analyse des besoins des syndicats et employeurs participants

Downie-FRA


L’Alliance de mentorat des Syndicats des métiers de la construction du Canada (AMSMCC) cherche à offrir des stratégies et des options de formation efficaces, innovantes et inclusives aux membres des Syndicats des métiers de la construction du Canada, ainsi qu’à leurs entrepreneurs signataires et à leurs autres clients potentiels. Pour plus d’informations, consultez http://buildtogether.ca/mentorship/

Dans notre prochain blogue, notre blogueuse invitée Kate Walsh, coordinatrice stratégique Fraternité internationale des ouvriers en électricité, va traiter du programme NextGen de son syndicat et de l’importance de susciter la participation de la nouvelle génération de travailleurs.