Peut-on parler d’un problème dont personne ne veut parler ?

Sep 10, 2018

Pour la plupart, le mois de septembre correspond à la période de retour à l’école et le sentiment du début d’une nouvelle année. Pour nous à l’Association canadienne pour la santé mentale, il s’agit d’une saison différente nous donnant l’opportunité d’amorcer une conservation sur la prévention du suicide et sauver des vies.

Le 10 septembre est la journée mondiale de la prévention du suicide. Pour certains, le sujet peut être difficile à aborder, si ce n’est tout simplement pas un sujet à éviter. Mais nous voulons que chaque Canadien pense à sauver des vies et prévenir le suicide, c’est une affaire qui nous concerne tous. Tout le monde peut apprendre à sauver des vies. Plus il y a d’entre nous qui comprenons quoi détecter, comment poser les bonnes questions et quoi faire pour aider quelqu’un en besoin, plus nos familles, nos amis, nos collègues de travail et nos communautés seront en sécurité.

Pourquoi est-ce important pour notre industrie ?

Il y plusieurs raisons qui expliquent pourquoi l’industrie de la construction est touchée par les problèmes de santé mentale, et particulièrement le suicide. Premièrement, l’industrie emploie beaucoup de personnes qui sont les plus à risque, des hommes de 40 à 50 ans. Ils sont plus à risque mais aussi moins enclins à en parler ou à solliciter de l’aide. Ici, en Colombie-Britannique, deux hommes sur cinq en âge de travailler ont vécu des problèmes de santé mentale ou des problèmes de dépendance.

De plus, le travail en construction a un taux plus élevé de blessures, pouvant ainsi mener à des douleurs chroniques. La douleurs chronique est une source de dépression et de dépendance aux drogues ou médicaments. Il y a plusieurs autres facteurs, tel qu’un revenu non stable et des liens moins profonds avec les collègues en raison de déplacements de site en site. Peu importe les raisons, le fait est que plus d’hommes travaillant dans le milieu de la construction meurent par suicide que dans tout autre industrie.

Il y a un coût économique à l’industrie lorsqu’un travailleur est perdu, ou lorsqu’il est ne peut travailler en raison de problèmes de santé mentale ou de dépendance. Certaines études estiment que 500 000 travailleurs canadiens sont en congé de travail chaque semaine en raison de problème de santé mentale.

Encore plus important, le suicide est causé par une personne souffrante, et cause la souffrance pour les proches. Chaque mort par suicide n’est pas qu’une statistique, c’est une personne qui est morte dans l’isolement. Autour de cette personne, les proches peuvent également être en douleur.

On doit s’entraider au travail. Prendre soin les uns des autres.

Est-ce que vous vous empêcher de signaler un milieu de travail dangereux ? Non. Mais trop souvent, nous côtoyons un collègue qui souffre sans dire un mot. Il existe plusieurs obstacles qui nous empêchent d’aider quelqu’un qui ne semble « pas feeler ».  Des barrières telles que ce n’est pas ce qu’on fait entre homme, on parle pas de ça au travail et on veut respecter la vie privée des gens. Cela prend du courage et de la force pour amorcer une conversation de ce type. Mais soyez conscients, notre expérience indique que ces types de conversation peuvent sauver des vies.

Plusieurs sont surpris d’apprendre qu’en général, les gens qui ont des pensées suicidaires ne veulent pas mourir. Ils veulent mettre fin à la douleur et ne voient pas d’autres issues. Avec de l’aide, ces gens peuvent s’en remettre, trouver de nouvelles façons de gérer la douleur et se sentir mieux.

L’ACSM de la Colombie-Britannique a été sollicitée par la Construction Industry Rehabilitation Plan afin de l’outiller pour faire face aux problèmes de santé mentale et de dépendance. Si vous voulez aider ou en apprendre plus, écrivez-nous à workplaces@cmha.bc.ca.

Pour plus de détails, inscrivez-vous à un cours pour aider à sauver une vie au AskAboutSuicide.ca 

Apprenez en plus au Centre Canadien de la prévention du suicide au SuicidePrevention.ca